Psychologue, informaticien, chef-coq… Patrick Delhaye est un collègue aux multiples facettes. Détaché par Smals depuis 2003 au SPF Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement, il prend sa retraite le premier avril 2021. Lors d’un entretien pimenté de touches d’humour, il a dévoilé les alléchants projets qu’il prévoit au menu.

Es-tu heureux de prendre ta retraite ?

J’éprouve des sentiments mitigés. Je suis heureux de terminer un chapitre de ma vie qui a comporté de très beaux moments mais aussi des journées fort stressantes. Je me réjouis également à l’idée de consacrer plus de temps à des activités que je ne pouvais pratiquer que le soir ou le week-end.

En revanche, je déplore de partir à un moment-charnière dans lequel j’étais fort impliqué : le projet de Redesign. Ce défi de taille englobe un déménagement vers un nouveau site et une coopération de grande envergure entre le SPF Santé publique, l’AFMPS et l’INAMI. Je regretterai aussi les nombreux contacts quotidiens que j’avais dans le cadre de ma fonction au sein de l’ICT Service Desk.

Quelles ont été les principales étapes de ta carrière ?

De formation, je suis docteur en psychologie. Avant d’arriver au SPF, j’ai changé de travail environ tous les six ans. C’est une expérience que je recommande à tout le monde ! Mais je n’ai jamais quitté le secteur des soins de santé. J’ai fait de la recherche à l’université. J’ai travaillé dans un centre d’étude sur l’épilepsie et le sommeil. Puis j’ai monté ma petite entreprise. J’ai été actif dans une multinationale américaine, puis dans une allemande. Enfin, en 2003, j’ai été engagé au SPF, d’abord au service Développement, puis dans l’ICT Service Desk. Je m’y suis bien plu. C’est sans doute pour cela que j’y suis resté nettement plus longtemps que ma moyenne habituelle !

Comment es-tu passé de la psychologie à l’informatique ?

Cela s’est fait progressivement. Lorsque je travaillais dans un centre qui traitait les problèmes d’épilepsie et de sommeil, j’ai commencé à utiliser des ordinateurs pour analyser les signaux émis par le cerveau et établir des modèles. Peu à peu, le travail informatique a pris une place croissante dans mes activités. Lorsque les premiers ordinateurs personnels ont commencé à se répandre, j’ai développé un dossier médical destiné aux médecins.

Quels sont tes projets pour l’avenir ?

J’espère en avoir trop, et en voir toujours arriver de nouveaux ! Avant toute chose, je veux consacrer plus de temps à ma famille : mon épouse Annie (qui prendra sa retraite en janvier 2022), mais aussi mon père, mes deux filles, mon petit-fils et mes trois petites-filles.

Papa a 93 ans. Il vit encore dans sa propre maison mais a de plus en plus besoin d’aide. Je pourrai plus facilement lui rendre visite dans sa magnifique région du Heuvelland. Comme j’habite à Kessel-Lo, c’est quand même à 175 km de mon domicile !

© Thierry Caignie

Mon petit-fils Rune (16 ans) m’a proposé d’aller rouler à vélo ensemble. J’espère réussir à le suivre. Avec le vélo électrique que j’ai acquis récemment, cela devrait être faisable ! 😃

J’ai hâte de faire davantage de balades avec mon épouse, à pied et à vélo. Elle aussi a acheté une bicyclette électrique.

Je suis moins pressé, par contre, de mettre de l’ordre dans notre cave mais je vais devoir m’y atteler ! C’est l’une de mes bonnes résolutions… depuis environ 10 ans ! Et il y a urgence : cela fait trente ans qu’une foule d’objets y entrent, alors que peu en sortent. A la distinguée exception des rarissimes trappistes de Westvleteren. Je parle des bières, pas des moines. 😉

Je projette aussi d’apprendre à jouer du piano. Dès que possible, je m’inscrirai à l’académie de Louvain. 

Enfin, je voudrais suivre un cours de chimie organique. Ce projet est lié à mon plus grand hobby : la cuisine ! Il y a vingt ans, j’ai obtenu mon diplôme de chef-coq en cours du soir. Depuis, mon intérêt pour « la science de la cuisine et l’art de bien manger » (pour reprendre les termes de l’écrivain et gastronome italien Pellegrino Artusi) n’a fait que croître.

Je tiens un site web culinaire intitulé eenbeetjebeter. Je vous recommande le détour 😊 ! J’y propose des recettes, bien sûr, mais aussi un cours de cuisine en 10 leçons. A côté du comment et du quoi, il me tient à cœur d’expliquer le pourquoi des choses. Pourquoi devez-vous poivrer vos steaks seulement après les avoir cuits ? Quelles sont les conséquences du fait que le blanc d’œuf se solidifie à une température différente de celle du jaune d’œuf ? Qu’est-ce que le collagène et que faut-il savoir à son sujet pour préparer de la viande ? Dans un proche avenir, je souhaite publier ce cours de cuisine sous la forme d’un livre.

© Tom Herbots

Avec un Néerlandais qui a travaillé longtemps en Italie, je collabore aussi à la rédaction d’un livre sur la cuisine du Molise (une région du sud du pays). Dans ce cadre, je veux perfectionner ma pratique de l’Italien. Cela nous viendra certainement encore à point !

Aimes-tu voyager?

Oui, mon épouse et moi avons toujours aimé voyager. Et nous comptons continuer ! Nous apprécions les destinations lointaines, tout autant que nos escapades annuelles à Rome au printemps et dans le sud de l’Italie en été. En ce qui concerne les autres continents, c’est l’Asie qui nous attire le plus. Après avoir visité la Thaïlande, le Vietnam et la Chine, nous avions prévu d’aller au Japon l’année dernière. Pour découvrir sa cuisine et sa culture. Ce projet a dû être postposé et risque d’attendre 2022 pour se concrétiser. À moins que je ne trouve le moyen de participer aux jeux olympiques ? Oups, j’allais oublier New York ! J’espère pouvoir y retourner encore souvent.

Qu’est-ce qui t’a fait plaisir pendant ta carrière ?

J’ai toujours aimé combiner réalisations techniques et interactions humaines. Même si, pour blaguer, je me plaignais qu’il y ait des étudiants quand j’étais à l’université, des malades en milieu hospitalier et des utilisateurs à l’ICT Service Desk ! Au niveau des réalisations, je suis très fier de la façon dont nous avons mis en place ServiceNow au sein du SPF. En particulier, l’élaboration du portail self-service et l’intégration avec les départements Ressources humaines et Logistique.

As-tu un rêve ?

En cette période de pandémie, j’aspire simplement à pouvoir à nouveau interagir normalement les uns avec les autres, à nous installer en terrasse, à aller au restaurant, à réserver des voyages… Au rayon des rêves impossibles, à part ma participation aux jeux olympiques, je peux ajouter : devenir pianiste de concert ou chef trois étoiles !

A propos de rêves, si vous avez des problèmes pour trouver le sommeil (rappelez-vous que j’ai travaillé six ans dans ce secteur !), j’ai un conseil en or à vous donner (je vous enverrai la facture) : essayer d’imaginer comment présenter un steak à un végétarien de façon irrésistible. Jusqu’à présent, je suis toujours tombé endormi avant de résoudre ce problème banal 😉.

Y a-t-il des choses que tu regrettes ?

Au cours de ma vie professionnelle, j’ai souvent été appelé à dire non, surtout lorsque j’étais à l’ICT Service Desk. Je ne l’ai pas toujours fait de la meilleure façon, et je le regrette. A l’avenir, je prendrai sûrement le temps d’y réfléchir pour enfin savoir dire non de façon idéale.

Que souhaites-tu dire à tes collègues ?

Je voudrais surtout les remercier. J’ai toujours trouvé étrange que quelqu’un reçoive des cadeaux lors de ses adieux. Ce devrait être l’inverse : celui qui part devrait remercier ceux qui restent et qui l’ont toujours soutenu. Habituellement, cela se fait autour d’un verre et de quelques amuse-bouche mais en ce moment, ce n’est hélas pas possible. J’ai donc pris la résolution de rendre visite à mes collègues dans un proche avenir. Ils sont prévenus. Cela leur laisse un peu de temps pour apprendre comment dire non de manière amicale quand je leur demanderai si cela les arrange que je passe 😉.


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